Insécurité linguistique et orthophonie

Définition

L’insécurité linguistique, c’est le malaise ressenti face à sa propre manière de parler : accent, registre, grammaire, vocabulaire…

Quand on a appris que sa façon de parler était “fausse” ou “inférieure”, on finit par s’auto-censurer.


Une réalité sociale

Liée en partie aux inégalités sociales, cette évaluation négative que fait une personne de la manière dont elle s’exprime cause un sentiment d’infériorité, qui peut aboutir à une limitations de ses prises de parole et une perte d’estime de soi.


Des patient·es concerné·es

Parmi nos patient·es, beaucoup sont concerné·es par cette insécurité linguistique, notamment :
– les patient·es avec un TDL
– les patient·es post AVC
– les patient·es avec un TSA
– les patient·es qui bégayent

Mais aussi leurs familles multilingues, et/ou issues de milieux populaires.


Manifestations

Cette insécurité linguistique se manifeste notamment par :
– des silences prolongés
– une hésitation ou un refus de s’exprimer
– des auto-commentaires dépréciatifs
– des moqueries voire de la discrimination

Elle peut bloquer l’accès au soin et au progrès.


Une réalité à reconnaître

Le langage n’est jamais neutre, il est codé socialement.

Il est important d’être sensible à cette réalité vécue !

L’insécurité linguistique ne se traite pas, elle se reconnaît, se reconstruit et se répare dans une relation de soin respectueuse.


Pistes d’actions

Quelques pistes d’actions :
– accueillir toutes les formes de langage
– ne pas corriger systématiquement
– comprendre l’intention
– travailler la confiance linguistique avant la performance
– valoriser toutes les langues, dialectes, accents, expressions…
– déconstruire auprès de nos patient·es le mythe d’une “bonne façon de parler”